Des clics, des commandes… et pourtant un compte en banque qui ne suit pas. Voici comment trouver où votre budget Google Shopping s'évapore et le corriger avant la période des fêtes.
« Je dépense 1 500 € par mois en Google Shopping, j'ai des commandes, mais à la fin du mois je ne gagne rien. » C'est une phrase que l'on entend régulièrement chez les dirigeants de boutiques en ligne. Le problème vient rarement de Google lui-même. Il vient presque toujours de trois choses : un seuil de rentabilité jamais calculé, un flux produits mal réglé et des campagnes qui mélangent tout.
Nous sommes mi-octobre. Les enchères montent à l'approche du Black Friday et de Noël. C'est le bon moment pour faire le ménage, car chaque euro dépensé dans une campagne mal réglée coûtera plus cher dans quelques semaines.
Première cause : vous pilotez avec un ROAS qui n'est pas le vôtre
Le ROAS, c'est le chiffre d'affaires généré pour 1 € de publicité. Google Ads l'affiche en grand dans ses rapports. Beaucoup de dirigeants se contentent d'un « 4, c'est bien » entendu quelque part. Or un ROAS de 4 peut être excellent pour une boutique et ruineux pour une autre. Tout dépend de votre marge.
Calculer votre ROAS de rentabilité
Partez d'un panier moyen et retirez tout ce qu'il vous coûte réellement, hors publicité. Voici un exemple fictif, à remplacer par vos chiffres :
| Poste | Montant par commande |
|---|---|
| Panier moyen TTC | 60 € |
| Panier moyen HT | 50 € |
| Coût d'achat des produits | 25 € |
| Livraison et emballage supportés | 5 € |
| Frais de paiement | 1,50 € |
| Provision pour retours et casse | 2 € |
| Marge avant publicité | 16,50 € |
Ici, la marge représente environ un tiers du prix HT. Le ROAS de rentabilité est donc de 50 ÷ 16,50, soit environ 3. En dessous de 3 (calculé en HT), chaque vente vous fait perdre de l'argent. À 4, il vous reste un peu de marge. À 2, vous financez la publicité de votre poche.
Deux pièges fréquents : comparer un chiffre d'affaires TTC dans Google Ads à une marge HT dans votre comptabilité, et oublier les retours. Dans le textile, la chaussure ou la déco, les retours peuvent changer complètement le calcul.
Ce que ce chiffre change
- Il fixe l'objectif de ROAS à donner à Google, sans deviner.
- Il détermine le coût d'acquisition maximum par commande (ici, environ 16 €).
- Il vous dit quels produits méritent de la pub et lesquels doivent en être exclus.
Vous vous reconnaissez ? Appelez-nous, on regarde votre cas ensemble gratuitement.
Deuxième cause : un flux produits qui travaille contre vous
Dans Google Shopping, vous n'écrivez pas d'annonce. Google en fabrique une à partir de votre flux produits (titres, images, prix, disponibilité). Un flux négligé, c'est une vitrine mal éclairée avec des étiquettes illisibles.
Vérifiez cette semaine, dans Google Merchant Center :
- Les titres. « Robe Léa » ne dit rien. « Robe longue en lin bleu marine, femme, taille 38 » correspond à ce que tapent vraiment les acheteurs. Mettez le type de produit, la matière, la couleur, la taille ou l'usage au début.
- Les produits refusés ou limités. Prix différent entre le flux et la fiche produit, GTIN manquant, image avec texte ajouté : ces erreurs coupent la diffusion sans bruit.
- Les stocks. Faire de la pub sur un produit en rupture, c'est payer pour décevoir. Le flux doit se mettre à jour au moins une fois par jour.
- Les délais et frais de livraison. Ils s'affichent dans l'annonce. À l'approche de Noël, l'acheteur compare les dates de livraison. Si vous êtes plus rapide que vos concurrents, mettez-le en évidence.
- Les photos. Fond neutre, produit net, pas de logo envahissant. C'est elles qui provoquent le clic.
Un bon flux améliore la qualité des clics sans dépenser un euro de plus. C'est le premier levier à actionner, avant d'augmenter le budget.
Troisième cause : tous les produits dans la même campagne
Dans une campagne unique, Google dépense là où il trouve le plus de clics ou de ventes faciles. Souvent, il met l'argent sur votre produit d'appel à faible marge, ou sur trois références qui se vendent déjà toutes seules. Vos produits à forte marge, eux, passent inaperçus.
Segmenter selon la marge, pas selon l'arborescence du site
Plutôt que de découper par catégories, découpez par rôle économique :
- Les produits à bonne marge et bon potentiel : la majorité du budget, objectif de ROAS exigeant.
- Les produits d'appel à marge faible : budget limité, ou exclusion si le panier moyen reste bas.
- Les nouveautés : un petit budget de test, jugé sur quelques semaines.
- Les fins de série et déstockages : une campagne à part, avec un objectif de ROAS plus bas assumé.
Pour cela, ajoutez dans le flux une étiquette personnalisée (par exemple « marge haute », « marge moyenne », « déstockage »). Cela prend une demi-journée à mettre en place et change la lecture des résultats.
Performance Max : utile, mais pas sans garde-fous
Performance Max, le format automatisé de Google, diffuse vos produits sur Shopping, YouTube, Display, Gmail et la recherche. Il peut très bien fonctionner pour une boutique avec un flux propre et un suivi des ventes fiable. Il peut aussi masquer de mauvais résultats.
Les réflexes à avoir :
- Surveiller les recherches sur votre marque. Si une grande part des conversions vient de personnes qui tapaient déjà le nom de votre boutique, la campagne s'attribue des ventes qui vous seraient revenues gratuitement. Demandez que les termes de marque soient exclus ou traités à part.
- Distinguer nouveaux clients et clients existants. Google Ads permet de donner une valeur plus forte à un nouveau client. Sans cela, la campagne « récolte » vos clients fidèles.
- Ne pas toucher aux réglages tous les deux jours. Chaque changement important relance une période d'apprentissage. Laissez passer deux semaines entre deux modifications majeures.
Le suivi des ventes : le point qui fausse tout le reste
Un ROAS affiché à 6 qui ne correspond à rien dans votre logiciel de caisse ou votre back-office, c'est un classique. Avant de discuter budget, contrôlez trois points :
- Le suivi de conversion compte-t-il une seule fois chaque commande (pas à chaque rechargement de la page de confirmation) ?
- La valeur remontée à Google est-elle bien celle du panier, avec la même base (HT ou TTC) que votre calcul de rentabilité ?
- Le nombre de commandes dans Google Ads est-il cohérent avec celui de votre boutique sur une même période, à quelques écarts près ?
Si l'écart est important, corrigez-le avant toute décision. Piloter avec des chiffres faux coûte plus cher qu'une mauvaise campagne.
Quel budget prévoir pour une boutique en ligne ?
Il n'existe pas de montant universel, mais il existe une logique. Le budget doit être suffisant pour que Google collecte assez de ventes à analyser : quelques dizaines de commandes sur un mois, pas trois ou quatre. Avec un budget trop faible, la campagne n'apprend rien et vous ne pouvez rien en conclure.
Un raisonnement simple :
- Prenez votre coût d'acquisition maximum (dans notre exemple, 16 €).
- Estimez le nombre de commandes visé par mois, par exemple 60.
- Multipliez : 60 × 16 € = 960 € par mois, c'est le budget qui vous met à l'équilibre. Pour viser un vrai bénéfice, il faut un coût par commande inférieur à ce plafond.
Si ce montant dépasse ce que vous pouvez investir, ne dispersez pas : concentrez-vous sur vos 20 à 50 meilleurs produits au lieu de faire de la publicité sur tout le catalogue.
Et pour la fin d'année ?
Les clics coûtent généralement plus cher entre mi-novembre et Noël. Mieux vaut avoir des campagnes déjà « rodées » avant cette période que démarrer en plein Black Friday. Si vous lancez ou relancez quelque chose, faites-le maintenant : vous aurez trois à quatre semaines pour ajuster avant le pic. Prévoyez aussi du stock sur vos produits phares, et vérifiez que vos délais de livraison annoncés restent tenables.
Ce que vous pouvez faire dès cette semaine
- Calculez votre marge par commande (produit, livraison, paiement, retours) et en déduire votre ROAS de rentabilité.
- Comparez-le au ROAS réel des 60 derniers jours dans Google Ads, sur la même base HT ou TTC.
- Ouvrez Merchant Center et corrigez les produits refusés, puis réécrivez les titres de vos 20 meilleures références.
- Repérez vos produits sans marge et sortez-les de la diffusion, ou isolez-les dans une campagne à budget plafonné.
- Vérifiez le suivi des conversions en comparant les commandes Google Ads et celles de votre boutique.
- Regardez la part de la marque dans vos résultats Performance Max.
Si votre site lui-même freine les achats (fiches produits pauvres, panier compliqué, livraison peu claire), la publicité ne fera qu'accélérer la perte. Dans ce cas, un travail sur votre site internet et sur votre référencement naturel réduira à terme votre dépendance aux clics payants.
Faut-il se faire accompagner ?
Vous pouvez régler seul une bonne partie de ces points, en particulier le calcul de rentabilité et le nettoyage du flux. L'aide extérieure devient utile quand il faut structurer les campagnes, fiabiliser le suivi des ventes et arbitrer entre Shopping, Performance Max et recherche. Chez LocalSud, nous accompagnons des boutiques en ligne sur ce type de campagnes Google Ads, en partant toujours de la marge réelle, pas du chiffre d'affaires. Vous pouvez aussi demander un audit.
Vous hésitez sur votre budget ou vous ne savez pas si vos campagnes sont rentables ? Appelez-nous au 06 61 22 49 78 ou écrivez à hugo@localsud.fr : nous vous donnerons un avis gratuit sur votre situation, chiffres à l'appui.
Questions fréquentes
Quel ROAS faut-il viser en Google Shopping ?
Il n'y a pas de bon ROAS universel. Divisez votre prix HT par votre marge avant publicité : le résultat est votre seuil de rentabilité. Avec 33 % de marge, par exemple, il faut au moins un ROAS de 3 pour ne pas perdre d'argent.
Quel budget minimum pour lancer Google Shopping ?
Prévoyez assez pour obtenir quelques dizaines de ventes par mois, sinon vous n'aurez rien à analyser. Calculez-le en multipliant votre coût d'acquisition maximum par le nombre de commandes visé. Si c'est trop, limitez-vous à vos meilleurs produits.
Performance Max ou Shopping classique ?
Performance Max peut bien fonctionner avec un flux propre et un suivi des ventes fiable, mais il demande des garde-fous : exclure la marque et valoriser les nouveaux clients. Le Shopping classique offre plus de contrôle. Beaucoup de boutiques combinent les deux.
Faut-il lancer ses campagnes avant le Black Friday ?
Oui, de préférence plusieurs semaines avant. Les campagnes ont besoin de temps pour se stabiliser, et les clics sont généralement plus chers en novembre et décembre. Lancer maintenant laisse le temps d'ajuster.